"Chaouia-Ouardigha/Agriculture Des performances, mais en demi-teinte "

Chaouia-Ouardigha/Agriculture
Des performances, mais en demi-teinte

  • Dépendance de la pluviométrie
  • Le secteur emploie 52,6% de la population active
  • 4,2 milliards de DH alloués par le plan «Maroc Vert»

 

 

La région compte pas moins de 7 barrages et de nombreuses nappes phréatiques offrant d’importantes potentialités pour la généralisation de l’irrigation.

Le potentiel agricole dans la région Chaouia-Ouardigha est très important vu que la superficie agricole utile représente environ 60% de la superficie régionale et s’élève à 933.000 ha. Sa répartition spatiale met en évidence la nette prédominance de la province de Settat avec environ 62% de la superficie agricole utile totale de la région et la concentration des exploitations relativement grandes dans des zones homogènes bien définies. L’agriculture est le principal secteur employeur. Il emploie plus de 52,6 % de la population active de la région. Il constitue ainsi un facteur principal dans la définition du cadre de vie des ruraux. La région dispose de 10% de la superficie agricole utile (SAU) nationale, mais celle irriguée est de seulement 2% de la superficie nationale.
Sur seulement 1,4% de la superficie nationale, la province de Settat assure chaque année environ 15% de la production céréalière du pays. Les céréales occupent actuellement 80% de la superficie agricole utile totale de la Chaouia-Ouardigha. Les caractéristiques du milieu naturel et l’évolution traditionnelle de l’agriculture font que cette culture domine largement les systèmes de production locaux. Or, si la céréaliculture permet de dégager des productions, souvent jugées comme étant adaptées aux conditions locales, elle ne peut jouer le véritable rôle économique qu’elle est censée assurer. Ainsi, en période de sécheresse, les productions importantes observées lors des bonnes périodes sont ramenées à un niveau de 3 à 10 fois inférieur et ce, durant plusieurs années. Ce cycle se poursuit immanquablement et les périodes de sécheresse ont tendance à devenir de plus en plus longues, avec les conséquences structurelles bien connues aujourd’hui.
La région ne manque cependant pas de ressources en eau. Les apports pluviométriques sont estimés à prés de 7 milliards de mètres cubes par an. Le barrage Al Massira (35 km au sud-est de Settat) compte parmi les plus grands au Maroc et en Afrique avec une capacité de retenue de 2 ,8 milliards de mètres cubes. Mais la région ne profite pas de ce potentiel hydraulique en comparaison avec les autres régions.
Pour remédier à cette problématique, le plan Maroc Vert de la région a préconisé plusieurs actions ciblées: intensification et valorisation des céréales, olivier, pomme de terre, culture bio… projets d’infrastructures à la production animale (unités d’élevage avec insémination artificielle, engraissement, abattoirs). A ce titre les investissements alloués dans ce cadre à la région sont estimés à 4,2 milliards de DH dont 1,2 milliard d’investissement public.
L’agriculture moderne dans la région Chaouia-Ouardigha utilise des techniques intensives. A ce niveau, il s’agit des cultures maraîchères, plus génératrices de valeur ajoutée et d’emplois rapportés à l’hectare (environ 28.000 DH et une soixantaine d’emplois par hectare), de l’arboriculture intensive et tropicale, des serres,… Mais on retrouve aussi les céréales à Berrechid avec une irrigation de pointe. La valeur ajoutée est 8 à 10 fois supérieure à celle de la culture traditionnelle, d’où l’intérêt fondamental de réadapter les cultures aux possibilités. En définitive, l’analyse-diagnostic de l’agriculture régionale met en relief un système de production traditionnel qui tend à se limiter exclusivement aux potentialités de l’unité de production. Ce système se heurte à certaines contraintes auxquelles s’ajoutent les problèmes de commercialisation affaiblissant les possibilités des exploitants et poussant les agriculteurs au travail occasionnel ou à l’exode. Réputée par la dominance des petits ruminants, notamment les ovins et l’existence de races Sardi et jaune de Boujaâd, la région Chaouia-Ouardigha offre les conditions optimales et de nombreuses potentialités agro-écologiques pour l’élevage. Ainsi, les races s’intègrent parfaitement dans le système agro-pastoral et valorisent les parcours et les sous produits de la céréaliculture.

Entre industrie et agriculture

S’agissant du petit élevage, l’apiculture est une activité économique non négligeable dans la région, mais sa conduite repose sur des méthodes d’exploitation très précaires. La cuniculture est conduite d’une manière traditionnelle et réservée aux activités secondaires de la femme rurale. L’aviculture reste pratiquée de manière traditionnelle à l’échelle de l’exploitation. On entrevoit deux voies de développement pour cet élevage: d’une part les grandes unités structurées (en progression actuellement dans la zone de Berrechid) qui visent un marché de consommateurs citadins, ont un caractère industriel prononcé et exigent des investissements non négligeables. Ces unités se trouvent actuellement à mi-chemin entre agriculture et industrie. D’autre part, il y a le développement de l’aviculture en tant que «petit» élevage, dont l’importance est comparable à celle de l’artisanat rural ou aux autres petits élevages. Toutefois, l’aviculture rurale doit se moderniser, même si, au regard des unités avicoles industrielles, elle aura toujours un mode de conduite traditionnel.

 

L’Economiste : Édition N° 3851 du 2012/08/23